RED CENTRE – ULURU – KATA TJUTA

2584 kilomètres, c’est la distance entre Cairns et Uluru, environ 33 heures de route. Autant vous dire que quand Lucas me disait qu’il voulait absolument faire le Red Centre et ça en 1 semaine avant que Lili sa sister s’en aille je trouvais ça un peu fou.
Quand tu dis à des Australiens que tu veux traverser le pays en 2 mois ils se demandent si tu as pas été bercé trop près du mur étant bébé. Parce que oui l’Australie c’est grand et quand tu superposes la carte de l’Australie à celle de l’Europe ça fait peur.
Les distances sont énormes et le temps passé à rouler aussi.

Mais nous voilà quand même partis le 22 avril, Hitch chargé d’eau potable, de nourriture, d’essence et de bidon de secours à la conquête de Uluru et du Red Centre.
On a donc roulé 3 jours, environ 10h par jour avec des pauses essence/pipi de 5 minutes.
Ça me semblait terriblement ennuyeux sur le papier mais en réalité j’ai adoré ces jours de route.
Bon c’est long on va pas se mentir, mais j’ai plus subi des 4 heures de route sur la côte Est que la route de l’outback.

Comment vous décrire cette sensation.
Rouler dans les centaines de kilomètre de néant de l’outback australien.
Ça a un côté un peu effrayant de se dire qu’on est si peu d’humains dans les 200 kilomètres alentour.
Tout est vaste, plat, lointain tout autour de nous, on ne voit pas la fin de chaque côté, il ne se passe pas grand chose et pourtant c’est vertigineux.
Je ne sais même plus où je regarde, où mon regard se pose tellement l’horizon est loin.
Avoir l’impression que la mer est à côté mais se rendre compte que la frange bleue n’est que le reflet des nuages sur les champs. Que la mer elle, est bien loin.
Et c’est plutôt beau cet asphalte noir au milieu de ce rouge orange à rouge foncé, ce bush vert / kaki / jaune pâle avec un ciel bleu vif au dessus.
Quand tu regardes au loin sur la route ça brille un peu comme dans les dessins animés quand ils voient des oasis.
Il y a des termitières tout le long, plus ou moins grosses, oranges ou rouges, selon la couleur du sable, les gens les habillent. On a vu un maillot de foot, un haut de chantier, une robe de mariée et des vêtements là depuis si longtemps qu’ils sont rongés et qu’on ne sait plus bien ce que c’est.

Malgré l’urgence de trouver un endroit où dormir avant qu’il fasse nuit on profite des couchers de soleil au loin.

On croise un dingo, des vaches, des kangourous, des chevaux sauvages.
Et des road train. Cet espèce de camion immense, de 53 mètres parfois, qui fait un bruit assourdissant, qui ne peut pas ralentir, qui te fait serrer le derrière quand tu dois le dépasser.

Mais la bête qu’on croise un peu trop et qui nous fait vriller c’est la mouche.
Au début tu penses que tu vas supporter, tu te dis « Ça va, y’en a pas beaucoup ».
Ça c’est la première heure.
Puis tu sautes dans tous les sens et ton accent marseillais ressurgit pendant que tu gueules « oh c** elles m’ont gonflé, la *** de leur r**e. »
Parce que la mouche, non seulement elle sert à rien, mais en plus elle vient en famille, en trop grande famille, elles sont 40 à vouloir sympathiser avec toi et se coller sur ton visage, tes bras, PARTOUT.
Du coup tu portes une moustiquaire sur le visage, que tu mets de manière élégante sur tes cheveux comme une charlotte (tu ressembles à une tata de la cantine) quand y’en a moins, comme ça t’es prêt à la rebaisser au prochain assaut.
Tu te douches même avec ton flies net, c’est limite si tu veux pas le garder pour dormir. Et quand tu oublies qu’il est sur ta tête quand tu bois un coup ou que tu manges… je te laisse imaginer.

Après 3 jours de rien, de pas de réseau, de repas rapides, de « elle est quand la prochaine station », de « oh mince j’ai envie de faire un prêt sur 25 ans pour payer ce plein de fuel tellement c’est cher dans le centre » nous voilà arrivés le 24 à 16h à Uluru.
On marche un peu autour du rocher, surpris de constater qu’il ne fait pas trop chaud.
Puis on se poste à un lookout (où nous ne sommes pas seuls) pour le coucher du soleil.
C’est sublime, le rocher nous impressionne. Il passe d’un orange clair à un pourpre (le mot préféré de Lucas cette semaine là) au fur et à mesure que le soleil descend, la lumière crée des reliefs différents, dévoilant des fissures, des trous. La forme du monolithe semble changer. Un halo lumineux s’en va doucement. On prend des photos souvent au même endroit pour voir les changements sur la roche.

Le lendemain même spectacle de l’autre côté du rocher pour le lever du soleil. On arrive un peu trop tard pour le voir au crépuscule mais lorsque les premiers rayons du soleil apparaissent c’est splendide.
Là encore la couleur et les reliefs changent, le ciel est un arc en ciel pastel, du bleu en passant au violet au rouge, orange, jaune.
Le rocher passe du rouge à l’orange, les ombres se teintent de bleu.
À gauche on aperçoit les 36 monts Kata Tjuta rosés et dorés.
Le rocher semble être un énorme tas de sable qui coule, fragile, qui peut s’effriter au moindre coup de vent. Mais lorsque on s’en approche on voit sa roche solide, qui nous semble presque métallique par endroit.
On se demande ce qu’il fait là, immense au milieu de rien.

Uluru est jusqu’ici l’endroit le plus marquant de ce roadtrip.

Les anangu (les aborigènes) demandent à ce que les gens n’escaladent pas le rocher, par respect pour leur culture. Il y a des panneaux partout en toutes les langues et pourtant des gens le grimpent et se prennent en photo dessus. C’est un peu affligeant.
La montée est difficile, il y a fréquemment des accidents, des malaises, ce qui rend tristes les aborigènes pendant des années.
Je ne comprend pas trop l’intérêt de venir visiter un lieu, de s’imprégner d’une culture si c’est pour ne pas la respecter.
Et on ne peut pas dire « je savais pas ».

On va ensuite voir les 36 monts Kata Tjuta, à 40 kilomètres de Uluru.
Là encore c’est magnifique, immense, on se sent minuscule à côté des parois rouges et des différents monts qui se dressent partout devant nous dans la Valley of the Winds.

On termine la journée par Kings Canyon, malgré un timing un peu short on ne voulait pas partir sans le voir, en ayant entendu beaucoup de bien.
Il y a une randonnée, la Rim Walk qu’on ne peut pas faire en entier pour voir la cascade, on fait seulement un petit bout qui nous mène au dessus du canyon. C’est très beau mais on reste émerveillé par l’image de Uluru et on en voit pas suffisamment pour être objectifs. Et les mouches nous fatchiguent.

On dépose le lendemain Lili à l’aéroport, on ne s’éternise pas à Alice Springs. La ville est un peu angoissante, oppressante. Les aborigènes errent dans les rues, sont assis sur des trottoirs, certains hurlent, d’autres sont dans des bars à 10h du matin le regard vide, ils semblent attendre quelque chose, ils ont l’air triste, on dirait qu’ils ne se sentent pas à leur place et du coup nous non plus.
On est loin de l’image de la culture aborigène riche, artistique et préservée. Ils ont juste l’air perdu dans cette nouvelle Australie qui n’est pas la leur.

Sydney 1/6

Hello, on a terminé notre trip en Tasmanie il y a trois jours (toujours pas écrit ça), on est actuellement à Sydney et du coup on a retrouvé l’électricité, l’eau chaude et ce merveilleux outil qu’est internet ! Je peux enfin faire renaître ce blog de ses cendres, tel un phénix. Mais pas vraiment pour longtemps car mercredi prochain on repart en van sur la côte Est. Ces trois prochains jours à Sydney sont aussi les derniers en amoureux avant un petit bout de temps car amis et famille arrivent les uns après les autres dès dimanche. (ils sont làààà)

On a rendu notre van Fidel, ou fidèle van (oui bon ça va, finalement il a été niquel et il portait bien son nom…) à Hobart en Tasmanie mercredi et on a pris un vol pour Sydney en fin d’aprem dans un mélange de tristesse (de quitter cette île merveilleuse), d’excitation (une semaine à Sydney) et de grosse angoisse car j’ai commencé la veille une de mes éternelles crises infectieuses et qu’il n’y avait que deux solutions : que ça passe seul miraculeusement ou qu’on doive encore passer par la case opération mais le coût des soins en Australie pouvait vite faire tourner le voyage au cauchemar. C’est donc avec la boule au ventre qu’on se prend une petite claque de beauté en arrivant sur Sydney.

En dessous de nous la ville est immense. On voit le Harbour Bridge, l’Opéra et les différentes baies. On se rend compte qu’on passe un cran au dessus dans le waouh (désolé les dunkettes, on est sur un effet waouh), que cette ville promet d’être grandiose.

Après un atterrissage beaucoup trop rapide pour moi (maiiiiis Lucas, il va vachement viteeee làààà) (il manquait clairement 1 kilomètre de piste, j’ai cru qu’on allait re-décoller derrière) on grimpe dans le train qui en 20 minutes (L’aéroport en plein centre ville c’est pratique ! Par contre tu vois passer les avions au dessus de ta tête all day long et trop près !) nous emmène dans le quartier de Newtown où se trouve notre Airbnb.

Newtown c’est notre coloc à Melbourne qui nous l’avait conseillé et c’est pile ce qu’on cherchait ! C’est un équivalent de Fitzroy, un quartier qui bouge, bourré de restos, bars, boutiques vintages, à échelle humaine, avec des gens aux looks vraiment stylés. Il y a du street art un peu partout et les dessins sont vraiment chouettes.

On mange dans un petit resto italien conseillé par notre hôte, Pastizzi Cafe. L’estomac toujours noué je me dis que des gnocchis 4 (très) fromages ne pourraient me faire que du bien. Et en effet ils ont un peu aidé.

Le matin il pleut beaucoup. Mais euh… Sydney c’est pas censé être toujours ensoleillé ? On en profite pour faire nos machines, parce que le van c’est bien beau mais à un moment t’es un peu à court de chaussettes !

J’ai toujours de grosses douleurs mais je veux profiter de la ville et positiver alors je me fais un petit dej anti-inflammatoires et nous voilà partis pour Circular Quay en centre ville, qui offre une belle vue sur Harbour Bridge, l’Opéra et la baie. Une fois descendus du train on voit déjà l’opéra au loin. On est tout content. On descend sur le port et effectivement c’est autre chose… Lucas, un peu déçu de Melbourne, semble emballé.

Le port est grand, animé, bruyant, musical, il y a des mouettes un peu partout sur les pontons et le ballet des ferrys jaunes et verts à l’allure rétro qui relient les différentes baies est chouette à voir. On marche vers l’opéra et je suis comme une gosse.

Ça m’a fait un sentiment un peu étrange, je me suis dis : mais je suis vraiment là ? Devant ce truc qu’on voit tous les ans le 1er janvier au jt de Pernault « Ils sont passés en 2019 les premieeeeers, Sydney a tiré son feu d’artifiiiiice ». J’ai pas trop réalisé, c’était beau, grand, impressionnant, tellement magique que j’en oublie que je suis en petite forme. Le pont de l’autre côté de la baie, surmonté des deux drapeaux australiens est lui aussi imposant.

On a marché autour de l’opéra qui est (à mon sens) plus joli de loin. De près c’est des tommettes blanches et crèmes, comme sur les murs de la piscine du quartier tu vois ?

On s’est ensuite baladé dans le quartier The Rocks en dessous du pont, qui est le quartier le plus ancien de Sydney, où les pubs ont encore leur look d’antan, la fana du rétro qui vit en moi a adoré.

Puis on a marché sur le Harbour Bridge, il y a une voie piétonne qui donne du côté de l’opéra et qui permet de le traverser. La vue est très belle, mais forcément bruyante à cause des voitures au milieu ! Tu peux escalader le pont plus haut et le traverser de bout en bout mais c’était bien trop cher, la marche sur la passerelle nous a suffit.

Marche qui nous a mené au Luna Park, un parc d’attractions, celui de Melbourne présente assez peu d’interêt car il fait un peu cheap, mais celui de Sydney a une vraie âme, t’as l’impression d’être en 1930 avec la grosse tête lune et d’autres manèges d’origines comme la roue.

On a ensuite pris le ferry (c’est pas celui de Marseille, celui là il te donne l’impression de faire la croisière de l’année) sans trop savoir où on allait (en fait on savait mais on s’est trompé alors ça nous a juste fait faire une balade trop chouette). On s’est mis sur le pont, à l’aller et au retour, qui offre une vue aux petits oignons sur l’Opéra et Harbour Bridge avec le soleil couchant derrière, j’ai mitraillé de photos et Lucas m’a demandé : « bah alors Pyjoum on en est à combien de photos de l’Opéra, 100? » Pas loin.

Coucher de soleil qui nous a fait comprendre qu’il était temps de se nourrir. On a mangé bavarois (beh ouai logique à Sydney) et on a terminé par une balade nocturne sur Circular Quay, avec un petit feu d’artifice d’environ 12 secondes, tiré en notre honneur. Ça nous a fait zizir et ça fait une belle photo.

Voilà pour notre première journée ! Et à ce rythme de post là, je vous l’accorde : on est pas rendu !