Wilsons Promontory

Dimanche matin après une bonne nuit sur un tapis dur on se fait réveiller à 7 heures par des perroquets qui poussent des cris de macaques et qui semblent être des centaines dans les arbres au dessus de nous. Ils font plus de bruit que la famille de 20 à l’emplacement d’à côté la veille. Un exploit. Quand on est bien réveillé, ils s’arrêtent. Et dire que Lucas voulait mettre le réveil à 8h. Hahaha !

Lui. Il a l’air mignon comme ça hein ?

On remballe la tente rapido, un petit déj, un lavage de quenottes et on repart à l’aventure car il faut rendre la voiture à 17 heures à Melbourne et que 3 heures de route nous attendent.

Ce matin ce sera le Mount Oberon, une randonnée de 2 heures aller retour, environ 7 kilomètres. Une ascension d’une heure pour arriver à un point de vue à 360° au dessus de Wilsons Promontory.

La montée nous fait un peu transpirer mais elle n’est pas compliquée. Elle est pourtant décrite comme « difficile » par de nombreux guides (ils ont jamais fait ne serait ce que les calanques d’En Vau, ça se voit). C’est un chemin large et dégagé à travers une forêt, en légère pente constante, suivie de 5 minutes de marches en pierre.

Au bout d’une heure on arrive sur de gros rochers qui surplombent le parc et les différentes baies. C’est très beau, j’ai un peu le vertige. Heureusement la vue est dégagée, j’avais peur qu’avec le ciel nuageux on ne voit pas grand chose. C’est un peu voilé et les couleurs de l’eau et de la végétation sont moins éclatantes mais ça ne gâche pas pour autant le spectacle.

On doit déjà redescendre et reprendre la route direction Melbourne.

Pour faire Wilsons Promontory je pense que 2/3 jours pleins ne sont pas de trop. Il y a tant à voir dans ce parc, tellement de plages, de lookouts et de randonnées diverses. D’autant qu’il y a une randonnée de 44 kms sur 2/3 jours qui forme une boucle dans le parc et permet de voir pas mal d’endroits. C’était très court pour nous mais on a quand même eu notre lot de très beaux paysages. (Beaucoup nous ont d’ailleurs fait penser à ceux de Corse)

AUS-FRA

Ou plutôt devrais-je dire : Melbourne / France : le match, car Melbourne n’est apparemment pas représentative de l’Australie, ce que tu trouves dans la ville tu ne le trouveras pas dans le reste du pays (comme Marseille a ses propres règles du genre : tu te gares où tu veux et tu traverses quand le feu est rouge).

Alors qu’est ce qui change à 16000 kilomètres, qu’est ce qui est mieux et qu’est ce qui est plus moisi que chez nous ?

Expectations vs Reality.

« Fais gaffe aux crocos, aux casoars, aux serpents, aux méduses, aux poulpes et aux araignées… » Bah oui selon beaucoup de monde l’Australie est plus dangereuse qu’une attaque de zombies. À tort ou à raison ?

Apparemment à raison !

Sur les groupes facebook de PVTistes on a l’habitude de voir des posts un peu flippants : des serpents qui sortent des toilettes ou de la douche (surtout avec les grosses chaleurs de ces derniers jours et autres caprices météorologiques), des gens qui se réveillent chatouillés par des araignées, des crocos dans les rues… Du coup quand tu es phobique de la bêbête et de la mauvaise rencontre tu as tendance à devenir un peu parano : regarder dans tes chaussures avant de les enfiler, secouer très fort tes vestes, regarder derrière la porte quand tu entres dans la salle de bain et jeter un oeil dans la cuvette, taper dans la poubelle ou dans la boîte aux lettres quand tu prends ton courrier.

Mais.

Jusque là, les seuls trucs qu’on ait vu en liberté c’est un opossum un peu trop glouton, deux gros lézards, une souris qui squatte notre chambre et des chauve souris. Parce qu’on est à Melbourne et qu’il semblerait que ce soit un peu moins la jungle qu’ailleurs (même Sydney réserve son lot de surprises) et qu’on ait un peu de répit avant de croiser des trucs sympas ! (j’ai si hâte de partir en van)

Ce qui ne m’empêche pas de flipper ma race tu t’en doutes.

La pizza ici est dé-gueu. Le midi au soleil, le soir dans un cadre idyllique, à 2h du mat entre deux bars, dans des endroits hype, dans des snacks louches, à 5 dollars la slice ou 23 dollars la format maxi…

Ils en sont plutôt contents de leur pizza les australiens. Du coup quand tu vois un resto noté 4,5/5 tu te dis : cooooool, puis tu manges, puis t’es déçu et t’as envie de leur envoyer une recette Marmiton en leur expliquant que c’est pas non plus trop compliqué ! (maman, je peux aussi leur donner ta recette, ça sauverait un pays)

Le souci, (s’il y en avait qu’un en fait) c’est que leur pâte est sucrée. Et que c’est une tarte. Que parfois elle est frite. Et qu’ils sont un peu raccro sur la garniture. Et qu’ils font des associations des plus chelous (du jambon avec de l’ananas et de la sardine où-est-le-pro-blème ?)

On m’avait dit qu’à Melbourne il y avait les meilleures fiestas de la terre, des festivals de dingue, que c’était mieux que Tomorrowland, Dour, Calvi On the Rocks, Ibiza et le festival de la saucisse à Menton réunis.

Bof. J’ai franchement vu des événements plus inoubliables et bien organisés en France et à Marseille dans des cadres canons.

Les festivals sont extrêmement chers ici, du genre 260$ un pass deux jours ou parfois une simple soirée et même si les artistes sont incroyables on s’est dit qu’on les verrait (ou qu’on les a déjà vus) en France. Donc pas de festival Aussie pour nous. Ce qui nous fait aussi faire de belles économies pour se péter le bidou dans des restos et visiter des endroits magnifiques (un peu la base de l’Australie…)

On a fait quelques événements avec des artistes internationaux : un Kölsch sans son chapeau et sans ses musiques, très décevant, par contre le lieu appelé le Revolver était très cool. Mais aussi un après-midi en plein cagnard dans un parc pour voir un Carl Cox des plus commerciaux, entourés de gros beaufs (ici on les appelle les Bogan) et de filles aux robes trop courtes et sans culottes (j’ai vu bien trop de minettes que je ne voulais pas voir ce jour là…) ou tu payes 15 dollars pour boire une canette infâme de je ne sais quoi. (par contre la pizza était pas trop dégueu cette fois !)

Ce week-end on est allé au St Kilda Festival, le plus gros festival de musique d’Australie, qui est gratuit ! Sur le papier c’est pas mal : plusieurs scènes avec des styles de musique différents, des animations au bord de la plage.

En réalité on a pas trop accroché, c’était un peu boganland (j’ai revu mes copines sans culottes, avec des faux cils aussi fournis que le pelage d’un lapin angora et de l’eye liner jusqu’au nombril) (oui j’adore les australiennes…) 

Du monde partout dans tous les sens, une galère absolue pour acheter 3 frites ou une bouteille d’eau et un trajet d’une heure et demie pour rentrer, on aurait bien fait autre chose de notre dimanche !

En revanche niveau bars, Melbourne c’est top. Il y en a pleiiiiiin qu’on voudrait essayer (ne serait ce qu’à Fitzroy), en intérieur, en rooftop, avec un choix de bière gigantesque ou des cocktails qui pourraient détrôner ceux du Gaspard à Marseille.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser la vie n’est pas forcément plus chère ici. Quand on arrive c’est un peu déroutant de voir les choses « avec des chiffres plus importants » mais il faut juste prendre le réflexe de faire la conversion $AUD / EURO. (1$ = 0,63€)

Les loyers sont plus chers et payés à la semaine et non au mois mais en contrepartie les salaires sont plus importants.

La nourriture est équivalente à chez nous en commerce (certains aliments coûtent chers en revanche, comme les poivrons) et on peut facilement manger au restaurant à deux pour 100 dollars (62 euros) avec une entrée, deux plats, deux petites bières, une eau gazeuse et un dessert compris. Et plutôt très bien manger !

Les cocktails sont en général assez chers ici. Dommage, il y a de supers bars à cocktails.

Les transports en commun coûtent chers mais l’essence ne coûte rien et il est plus avantageux de prendre Uber Pool à deux que le tram. Les locations de voiture sont aussi moins chères et tu roules avec une bonne voiture, récente et tout équipée.

Malgré la mauvaise pizza, la vulgarité des australiens, leurs soirées un peu décevantes et la trouille de croiser des trucs rampants (inconsciemment j’ai regroupé les points négatifs je crois) j’aime très fort l’Australie et Melbourne.

Écologie, nourriture, sympathie des gens ici, Décalage horaire, culture, météo, sécurité, je continuerai la comparaison France / Australie et j’expliquerai dans un autre article ou deux pourquoi je téléporterais bien Melbourne entre les Goudes et Cassis.