Wilsons Promontory

Ce week end, les deux frangins et moi on est allé à Wilsons Promontory à 200 kms de Melbourne. Surnommé Wilsons Prom ou encore The Prom par les australiens il est le parc national le plus visité d’Australie avec des dizaines de randos, de point de vue et pas mal de jolies plages à voir. C’est aussi le point le plus au sud de l’Australie.

On part les yeux un peu collés à 7h du matin, tentes dans le coffre dans une micro voiture (on aura la même pour nos 4 jours à la Great Ocean Road et les Grampians sauf qu’on sera 5 campeurs dedans, joie) mais y’a le mode sport alors Lucas est content. On s’arrête boire un café 5 minutes, qui se transforment en 25 bonnes minutes car les australiens ils ont pas qu’un souci de pizza, ils ont aussi un souci de café : ils te servent un café brûlant que tu peux boire le lendemain le temps qu’il refroidisse et quand tu leurs demande un café « normal », raisonnable, juste histoire de te réveiller quoi, ils te servent une pinte. Et si tu veux un expresso tu as le droit à une demi gorgée. Tout ou rien.

On arrive à 9h30 dans le parc. Wilsons Promontory c’est un parc en pleine nature donc il ne faut pas s’attendre à y voir des shops, des stations essences, des restos… à part au camping de Tidal River où il y a de quoi acheter à manger et un café/snack. C’est un camping très prisé par les touristes et les australiens, tellement prisé qu’il faut réserver des mois à l’avance et qu’il y a un tirage au sort pour avoir un emplacement la semaine de Noël. C’est aussi le point de départ de pas mal de randonnées. Elles sont d’ailleurs toutes très bien indiquées : kilomètres et durée.

On décide (je décide car je suis un peu guide touristique et les garçons suivent) de faire la Three Bays Walk : une marche de 12,7 kms, 4 heures aller retour le long de la côte qui permet de voir les 3 plages principales : Squeaky Beach, Picnic Bay et Whisky Bay.

On part du camping, on traverse une passerelle en bois au dessus de la Tidal River où les gens font du Kayak ou du paddle. On marche ensuite dans une forêt pendant environ 45 minutes, longeant la côte. Lucas tient à tout prix à voir de grosses araignées ou des serpents, il scrute les arbres (moi j’y tiens pas trop)

On arrive à un endroit où la vue est dégagée sur Squeaky Beach : une vaste plage de sable blanc (du sable de quartz). On commence à descendre vers la plage, longeant de gros rochers avec cette magnifique vue.

Thony Van Damme, qui brise les rochers en deux

Arrivés sur la plage je suis toute excitée à l’idée d’entendre les squeak squeak. Oui parce que la plage de Squeaky Beach tient son nom de son sable de quartz, censé faire squeak squeak quand tu marches dedans. Je suis un peu déçue car je fais pas du tout squeak squeak. Remboursés.

On longe la plage et on s’installe au fond, près des rochers où on pique nique. Qui mieux que nous ?

On décide ensuite d’aller faire trempette sauf que héhé, elle est froide. Le sable de quartz est extrêmement fin et on s’enfonce dedans, me permettant de réaliser un grand rêve : être plus grande que Lucas et le prendre de haut.

On craignait que la météo soit mauvaise : il était annoncé que ce serait nuageux. Mais on a finalement eu le temps parfait : chaud mais pas trop, ensoleillé mais un peu voilé. On a pas crevé de chaud durant les marches, on a bronzé sans cramer, et les nuages dans le ciel rendaient la vue encore plus jolie.

On se remet en marche direction Picnic Bay, les garçons cherchent encore des vilaines bêtes et tombent sur des araignées assez grosses (mais moins que celles qu’on avait vu à La Réunion) et ils les photographient (dans la catégories trucs de mecs : voitures / vagues / araignées)

En marchant on voit en contrebas de petites plages somptueuses : sables et rochers, eau claire, désertes, les plus belles qu’on ait vues ce week end là mais malheureusement interdites d’accès. On aurait adoré s’y baigner.

On arrive à Picnic Bay, une plage immense, où 2-3 cm d’eau sur le sable produisent un magnifique effet miroir. Les rochers, les montagnes et le soleil se reflètent dans le sable, c’est splendide. Ce sera mon coup de coeur du week-end, je réalise la chance que j’ai de vivre ces moments, en marchant dans ce sable miroir, toute petite au milieu de la vaste plage.

On continue vers Whisky Bay, la plus jolie selon pas mal de personnes sur internet. La vue en hauteur est belle mais on ne trouve pas que Whisky Bay soit époustouflante. On décide de ne pas y descendre et de faire le retour doucement (on doit marcher 2h, acheter à manger, aller au camping planter la tente et il est déjà 16h)

Lorsque l’on marche sur Squeaky Beach au retour on fait squeak squeak, je suis ravie ! Petite astuce si tu comptes aller là bas un jour : En fait il faut enfoncer les talons et marcher vite. Et à toi les squeak squeak.

On croise un petit wallaby dans des buissons.

On reprend la voiture et au bord de la route on aperçoit un wombat ! Notre premier, on est tout content, on dirait une grosse peluche qui marche, pom pom pom.

Comme nous nous y sommes pris tard pour réserver (une semaine avant) le seul camping disponible que nous avons trouvé est un camping à l’entrée du parc à 30 minutes de route, The Stockyard Camp. On a payé assez cher pour ce que c’était : 53 dollars à 3 pour un emplacement, les sanitaires étaient plus que sommaires, heureusement qu’on avait pris la douche dans les sanitaires du camping de Tidal River.

On va se coucher sur nos matelas durs, bercés par les cris d’une famille de 20 personnes sur un emplacement pour 8.

3 février

L’avantage avec une ville comme Melbourne c’est que tu peux trouver des dizaines d’endroits sympas aux alentours, à quelques heures. Et que certains sont même des incontournables. On a donc mis notre dimanche à profit, on a loué une voiture (on a encore été surclassé, passant d’une location de pot de yaourt à un espèce de paquebot SUV dernier cri avec lequel Lucas a fait joujou toute la journée), on a embarqué deux copains, en route pour Mornington Peninsula à 1h30 de Melbourne.

Notre premier arrêt c’est Sorrento. Une petite ville côtière qui sent les vacances. Il est 11h et il fait déjà très chaud. On arrive sur une plage, Sorrento Back Beach, qui nous rappelle un peu les plages corses et les paysages de notre sud chéri. Un peu trop touristique, on décide d’emprunter un chemin qui monte et qui doit donner sur un joli point de vue.

Et en effet, c’est pas mal. On redescend de l’autre côté et je n’ai qu’une envie : me baigner ! Enfin, me tremper prudemment, prête à courir si je croise un poulpe à anneaux bleus (un poulpe assez joli mais que si tu le touches tu meurs, oh tiens ça nous change des autres animaux ça ! Et bien sûr un poulpe que t’es pas censé croiser dans le Victoria mais que oh tiens bis, en ce moment y’en a)

Inspection poulpe en cours

L’eau nous arrive aux mollets sur des mètres, je pars à la pêche aux crabes (morts) et aux jolis coquillages tandis que Lucas et les garçons s’amusent à se balancer leur balle mouillée dessus comme des enfants de 10 ans.

On espère voir des kangourous dans la journée, on guette.

1 heure plus tard on reprend la voiture, direction un spot de cliff jumping.

On cherche le spot, guidé par Niklas qui n’a qu’une envie c’est sauter, on se demande si l’endroit existe vraiment ou si c’est un peu comme le Graal, personne l’a vu mais tout le monde en parle, on est censé marcher 1 kilomètre mais on en est peut être à 3 en plein cagnard, Thony perd patience, et finaaaaalement on trouve. C’est très touristique, il y a beaucoup de monde, dont un groupe de personnes qui chantent faux, un bonheur. Mais l’endroit est joli, une piscine naturelle bleue sous un gros rocher, une micro grotte, d’autres piscines plus petites (des pataugeoires), une belle vue sur une vaste plage en fond.

Niklas va enfin sauter, il est content, les garçons et moi on s’abstient, préférant regarder les gens faire des grosses bombes ou des plats bien bruyants qui soulèvent des « ouuuuuuuuhhhh » communs.

On décide d’aller passer la fin de la journée à Cape Schanck, qui promet un beau point de vue. Le vent s’est levé, le soleil est moins écrasant et on commence à descendre les marches de la passerelle en bois. Un panneau nous indique la présence potentielle de serpents, je suis ra-vie et je scrute le sol avec application.

Photo de Lulu directeur artistique, pas trop mal.

En bas des marches on marche sur de gros rochers noirs, qui nous mènent à des piscines naturelles, dont certaines assez profondes, bleues turquoises.

Je regrette un peu qu’il soit tard et qu’il fasse frais, j’aurais bien aimé faire un plouf. Niklas saute, Lucas le suit après hésitation. Allez Audrey viens… No, too windy… Oh et puis mince, je ne reviendrais plus jamais ici, je ne le verrais qu’une fois j’y vais ! Téméraire mais pas trop, je choisis la piscine la moins froide (ouai grand luxe les écarts de températures), pas la plus jolie mais tant pis. On ressort semi congelés et giflés par le vent.

On a attendu le rayon de soleil pour la photo… On aurait peut être pas dû..

Il est temps de rentrer à Melbourne ! Oui mais on a pas vu de kangourous ! On cherche un plan kangourou sur Facebook (tout un business), on trouve un endroit, qui s’avère être à 5 kilomètres en voiture… Ok allons voir si il y en a.

Et là c’est la belle surprise, la journée qui se termine sur une bonne note, on débarque dans un espèce de champ, et plus on s’approche plus on voit des formes bouger, des têtes dépasser, et finalement on est au milieu d’une vingtaine de kangourous en liberté. Sauvages ils ne se laissent pas trop approcher, mais suffisamment pour qu’on les voit bien. Kangourous autour de nous, seuls, lumière dorée et calme ambiant, je profite à fond du moment.

Thony essaie de se fondre dans la masse doucement, il est plutôt près d’eux et je dois dire qu’il a un talent certain pour les imiter, il doit avoir des gênes kangourous.

Lulu chope un souvenir original, une petite crotte de kangourou et on rentre en ville.