VANLIFE

G’day !

On a quitté Melbourne le 25 février, avec un avant goût de roadtrip sur la Great Ocean Road et les Grampians pendant 4 jours (j’écris tout ça et je poste bientôt j’espère). Retour à Melbourne pour une nuit près de l’aéroport pour s’envoler le 1er mars vers la Tasmanie, 1ère vraie étape de notre roadtrip et de la vanlife tant attendue.

On va bien et on est bien installé dans notre maison sur roues. On a décidé de donner des noms à tous les objets du van, notre enceinte c’est Jean Baptiste et notre tapis de sol Crhistine Boutin. Pour le van c’est un peu plus compliqué, on est en désaccord sur le prénom. Lucas veut l’appeler Fidèle mais je dis non, on sait pas si il sera fidèle 3 semaines sur les routes de Tasmanie mais bon c’est bien de l’encourager alors pourquoi pas…

Le van c’est un peu toute une histoire, il faut faire attention à l’eau quand on fait la cuisine, la vaisselle, la toilette car on ne sait pas quel sera le prochain point de remplissage qu’on trouvera. Moins d’eau, c’est un plus pour l’écologie et on se rend compte qu’on a pas besoin de la faire couler pour manger dans des assiettes propres et être propre soi même.

Pour le dodo il faut déplier le lit le soir, le replier le matin, bref tu vis dans une partie de tétris, tu fais des chorés pour te déplacer à deux dans un couloir d’un mètre sur 50 cm et tout prend deux fois plus de temps qu’en appart. Tu te cognes la tête partout, ça fait mal mais le lendemain tu te recognes car tu as déjà oublié.

Il faut aussi trouver où dormir : on est partisan du dodo gratuit avec un paysage fond d’écran Windows par la fenêtre et pas une nuit dans un camping à 30$ vue sur la tente de Sean avec sa coupe mulet et son accent incompréhensible. (Ça vaaa j’rigole ils sont gentils ces australiens)

On aime surtout une chose en van : la liberté. On ne sait pas trop dans quel endroit on dormira le soir et généralement on vadrouille jusqu’au coucher du soleil, heure à laquelle les réceptions de campsites sont fermées ou les campsites sont pleins. Et tant qu’on ne se fait pas engueuler par des rangers on préfère dormir dans la nature, à des endroits où on se dit : « wouuuuuh » en passant.

Mais bien sûr qui dit pas de camping dit : pas de douche. Alors il faut trouver des sanitaires ailleurs, sur la plage ou à l’office du tourisme, gratuits ou payants. Mais ça, c’est pas souvent car…

On a transformé notre van sans douche en chambre de luxe tout confort. Comprendre : on a trouvé un moyen de génie pour se doucher et on veut breveter la chose. On a raccordé un tuyau au petit robinet du van, tuyau qu’on fait passer dans la boucle de la porte arrière levée pour se doucher. Seul bémol : ça foutait de l’eau partout façon arrosage automatique. Lucas s’est lancé dans la fabrication d’un raccord/joint pour que ça ne fuie plus à la base du robinet, dans une algue d’ici semblable à du caoutchouc. Le pire, c’est qu’il a réussi et que je suis ravie de savoir qu’on peut participer (et gagner) à Moundir et les aventuriers de jesaisplusquoid’intelligent avec monsieur la débrouille. Grâce à lui on est propre à domicile, et quand le soleil vient taper sur la cuve d’eau, on a une douche chaude et ça, c’est beau. Pour faire pipi tu te mets entre deux buissons en squat, basique, simple.

Et évidemment pas de camping, pas d’électricité, (pas d’électricité pas d’palais) on a des prises dans le van mais qui ne marchent que lorsqu’on raccorde le van au courant. That’s why je ne peux pas faire d’articles et poster de photos sur mon blog alors que j’ai beaucoup de choses à partager ! On va probablement se faire une nuit en camping avec électricité pour recharger nos appareils et pour que je puisse retoucher mes photos.

Lucas me fait des séances à vanmicile (c’est comme à domicile sauf que tu vis dans un van) pour mon entorse, pratique d’avoir un chéri kiné !

Il va quand même finir par m’abandonner dans le bush car il ne se passe pas un jour sans que je fasse tomber quelque chose, renverse ma bière dans le van, ou fasse tomber un oeuf cru dans un endroit inaccessible… On a réussi à nettoyer, on est vraiment des aventuriers.

On apprend aussi à lire des cartes et à délaisser le GPS, qui est bien mignon de vouloir nous faire arriver à un endroit le plus vite possible sauf que pour ça il nous fait emprunter des routes accidentées impratiquables en campervan, du coup tu mets 2h pour faire 30 kilomètres, à 15 kilomètres heure maxi, un petit bonheur.

On vit donc sans infos françaises, loin des villes, on se fait des frayeurs quand on a presque plus d’essence et que la prochaine station est pas à côté, sans appareils électriques, dans un petit espace mais qui contient tout ce dont on a besoin et qui nous mène où on veut, on est dans la nature du matin quand on ouvre le rideau du van au soir quand le soleil se couche, c’est minimaliste mais on aime ça et on se sent bien. La vie est plus lente, plus douce, moins agressive, ça fait du bien de vivre ça une fois dans sa petite existence.

Pour ce qui est de la Tasmanie c’est splendide, mais j’aimerais faire des articles plus ciblés sur nos étapes de voyages, comme pour nos trips précédents alors j’attendrai d’avoir du courant, mais en vrac on a :

Vu un wallaby albinos, mangé des fish and chips, fait une rando de 5h en 3h, s’est baigné tounu sur une plage déserte, vu l’une des plus belles plages du monde, vu des wombats, vu du plancton bioluminescent sur une belle plage, dormi dans des endroits magnifiques, vu des serpents mortels (j’aurais préféré éviteeer), vu des kangourous de la taille de Maïté, vu des couchers de soleil du orange flamboyant au dégradé bleu violet pastel et dormi sous des nuits noires aux étoiles bien trop brillantes, conduit sur des routes moisies, roulé sur d’autres jolies routes à la golden hour…

Et on continue de faire des kilomètres à pied ou sur roues.

See ya

Notre parenthèse de vie à Melbourne touche à sa fin. Lundi c’est le début du quotidien sur les routes pendant 3 mois. Ces deux mois ici sont passés à une vitesse folle et à la fois j’ai / on a eu le temps de faire tellement de choses. Quand Lucas m’envoyait des photos avant que j’arrive je n’étais pas sûre d’aimer la ville, les buildings ce n’est pas trop mon truc et je n’y trouvais pas vraiment de charme.

Aussi, quand il m’a dit que nous allions y passer deux mois je n’étais pas vraiment enchantée.

Finalement, quand je suis arrivée j’ai tout de suite aimé l’ambiance de Melbourne, sa décontraction, sa tranquillité et aujourd’hui je la quitte en y laissant un peu de mon coeur ou plutôt en emmenant beaucoup d’elle dans ce dernier.

On dit que Melbourne est une ville qui se vit plus qu’elle ne se visite. J’ai eu la chance de pouvoir la vivre pleinement sans travailler. C’était deux mois de découvertes, de culture, de gourmandises, de temps pour moi, de photos.

Mon compte en banque est moins fourni, mes cuisses sont plus charnues, mais « that’s ok, i’m f*ckin happy ».

Du temps passé ici j’ai aimé et je retiens :

  1. Avoir le coeur au bord de l’explosion quand j’ai vu mon chéri à l’aéroport
  2. Me déplacer avec mon vélo et mon casque pastel
  3. Faire des expositions
  4. Fitzroy notre quartier, le plus chouette, celui qui donne l’impression de marcher dans Mainstreet à Disney tous les jours
  5. Avoir le nez en l’air la moitié de la journée
  6. Ne plus savoir quel jour on est
  7. Notre petite maison rose
  8. Manger des glaces chez Messina
  9. L’architecture victorienne, colorée et romantique
  10. L’anglais
  11. Les rosiers du jardin
  12. Faire du yoga dans le parc
  13. Le footing du matin (un lundi sur 1000)
  14. Les restaurants
  15. Rencontrer des gens de différents pays
  16. Le choix de bières de la ville
  17. Nos balades à vélo à deux, surtout celle le long du Yarra
  18. Le street art partout
  19. Pouvoir me balader en jupe sans être embêtée
  20. Lucas qui rentre du travail à 15h30 en habits de chantier avec son vélo
  21. M’asseoir sous le porche avec lui et se raconter nos journées
  22. Les rooftops
  23. Le gingembre, dans la bière, dans les plats, les limonades, les thés, partouuut
  24. Planifier les road trips
  25. Le petit déjeuner sur la terrasse
  26. La façon dont ils cuisinent le lamb
  27. Les apéros sur la terrasse
  28. Le tramway
  29. Les barbecues
  30. Les gentils australiens
  31. Manger des dumplings
  32. Pique niquer à Brighton avec les cabines colorées en fond
  33. Lire à Fitzroy Garden
  34. Manger vegan
  35. Écrire mes articles assise contre la fenêtre en entendant les enfants jouer au basket dans le quartier
  36. Les boutiques vintages
  37. Le graphisme des enseignes
  38. Nos collocs
  39. Passer des demis journées à la bibliothèque
  40. Manger une glace en regardant les vitrines de Chapel St                        (ne pas le dire à Lucas le soir)
  41. Faire des photos, des dizaines par jour
  42. Le parfum honeycomb dans les glaces / les Tim Tam / les chocolats…
  43. Gertrude Street
  44. Apprendre des choses sur la ville et la culture australienne tous les jours
  45. Nager à la piscine
  46. Avoir une vue sur tout Melbourne au Shrine of Remembrance
  47. How ya goin ?
  48. Regarder les gens et me demander ce qu’ils font, où ils vont
  49. Essayer tous les Tim Tam
  50. Nos escapades le week-end
  51. Se dire souvent : on va manger là ce soir ?
  52. La propreté des rues et le respect des gens
  53. Les chai latte
  54. Les perroquets et les différents oiseaux, leurs bruits
  55. Tellement d’autres choses…

See ya Melbourne, you have been so good to me.